Séville, point de départ de la "Via de la Plata" :
Voie empruntée par les Romains lorsqu'en 218 avant JC, ils envahissent la péninsule Ibérique.
Les Maures feront de même ensuite laissant nombre vestiges : villes, temples, ponts, arcs et forteresses.
C'est aussi un chemin jacquaire, moins fréquenté que le Camino Frances.
Environ 1000km tracés dans les plaines, vallées et montagnes jusqu'à Compostelle!
Chemin de pleine Nature et d'Histoire.
Vendredi 07 09 2007. (Jour 3)
8 heures, départ un peu tardif !
Séville, synonyme d'art de vivre, est déjà toute rose de soleil. Sur le pont Isabelle II, d'un dernier regard, je découvre son étendue; je n'en ai visité qu'une infime partie mais quel cadeau avant d'arpenter les pistes désertes d'Andalousie.
Aucun pèlerin à l'horizon, je ne dois compter que sur moi : vigilance, initiative, intuition; c'est-à-dire débrouillardise, comprendre, se faire comprendre et bien suivre le balisage.
Sur la passerelle qui enjambe le Guadalquivir, je croise une calèche, elle trotte allègrement vers Séville, chambrière au vent! Ultime clin d'oeil de la «Dolce vita» andalouse. Il me plaît de penser qu'elle va rejoindre sa place parmi les autres, au pied de la Giralda, afin d'assurer la romantique balade citadine. Peu à peu le bruit des sabots s'estompe et me renvoie à la réalité de mon voyage à pied.
À cent mètres j'ai le choix: prendre le chemin de halage bordé d'eucalyptus ou passer par Camas, village prometteur d'un éventuel «cafe con leche». Pas d'hésitation, je dois prendre des forces.
Une fiesta s'y prépare, je passe devant un grand portique tout décoré; deux papy font leur footing à leur façon, chemisette, panama sur la tête, tennis, la canne à la main, parfaitement synchro.....! Sur la longue allée piétonne bordée de palmiers, je reste dans leur sillage afin de saisir la photo souvenir, pas si facile!
Un peu de goudron pour rejoindre Santiponce, j'éprouve le plein soleil et décide d'une visite reposante et rafraîchissante au monastère San Isidoro del Campo. Les bâtiments conventuels sont dominés par une tour baroque que j'aperçois de loin sur le chemin d'approche.
Il me faut traverser un jardin d'orangers avant d'entrer dans l'imposant édifice médiéval où se mêlent les styles gothiques et Mudéjar. Je suis invitée à laisser tout mon barda de pèlerine dans un casier fermé à clé, y compris l'appareil photo. Il s'agit d'un ensemble dont la surface occupe plus de 30 000 mètres carrés. Il a fallu 12 années pour réhabiliter cet exceptionnel héritage culturel et aboutir à la récupération de la partie la plus monumentale de cet ensemble, révélant un patrimoine peu connu; restauration intégrale de ses précieuses peintures murales et biens meubles que je suis seule à contempler en cette fin de matinée. Je sens le lieu très surveillé tandis que je découvre de vieux parchemins et manuscrits et m'attarde devant tous ces vieux grimoires témoins du passé. Curieuse d'en savoir d'avantage, j'essaie de m'informer à l'aide des dépliants touristiques non rédigés en français!
Vers le milieu du XVIe siècle, un foyer réformateur surgit à Séville. Le prieur et plusieurs moines de San Isidoro sont emprisonnés, d'autres s'enfuient hors d'Espagne, parmi eux, Cassiodore de Reina, auteur de « la bible de l'ours», première traduction de la bible en Castillan. Je me promets d'en savoir plus sur ce trésor intouchable dans son châssis de verre...à suivre dans :
"La Via de la Plata" (de Séville à Compostelle)!
Format A4-(30x21)-114 pages-72 photos couleurs-Impression :Ouestélio, Brest.
Prix unitaire : 25euro + port 4euro20
mcorvec@club-internet.fr
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